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chapitre6
Justin Vaïsse, Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis - Site Web compagnon

Chapitre 6 : “Alerter l'Amérique: le rôle du Committee on the Present Danger”
(pages 163 à 194)


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Page 165 Note 6 (p. 305) Citation d'Albert Wohlstetter sur la destruction mutuelle assurée
“Would not a general thermonuclear war mean 'extinction' for the aggressor as well as the defender? 'Extinction' is a state that badly needs analysis. Russian fatalities in World War II were more than 20,000,000. Yet Russia recovered extremely well from this catastrophe. There are several quite plausible circumstances in the future when the Russians might be confident of being able to limit damage to considerably less than this number – if they make sensible strategic choices and we do not. On the other hand, the risks of not striking might at some juncture appear very great to the Soviets, involving, for example, disastrous defeat in peripheral war, loss of key satellites with danger of revolt spreading – possibly to Russia itself – or fear of an attack by ourselves. Then, striking first, by surprise, would be the sensible choice for them, and from their point of view the smaller risk.”

Page 166 Note 7 (p. 305) Citation de Paul Nitze sur les guerres nucléaires
“In a nuclear war there will be a military victor and a military loser. Further, if you make the necessary effort, it is possible for most of your people and much of your industry to survive.”

Page 167 Note 9 (p.305) Citation d'Albert Wohlstetter sur l'illusion ethnocentrique
“Western preferred Soviet strategy”

Page 167 Note 12 (p.305) “Au loup !” Alerter les décideurs et l’opinion sur la gravité de la menace extérieure, 1950-2004
DateGroupes ou documents revisitant des estimations de renseignement trop rassurantesOrganisations créées pour sensibiliser l'opinion publique à la menace extérieure
Avril 1950NSC-68
Etude rédigée par Paul Nitze, alors directeur du Policy Planning Staff, qui appelle à un vigoureux effort d'armement contre une menace soviétique grandissante et sous-estimée, et qui est destinée à “faire peur” à Truman et à lui faire dépasser ses hésitations budgétaires. Le rapport indique que lorsque les Soviétiques auront atteint une capacité de frappe nucléaire surprise, ils pourraient bien décider de la lancer – l'année 1954 est celle de tous les dangers. Les principales conclusions de la NSC-68 ne sont adoptées qu'à la faveur du déclenchement de la guerre de Corée qui débute en juin.
Décembre 1950 Committee on the Present Danger
Fondé par Tracy Voorhees, James Conant et Vannevar Bush (cf. chapitre 8), ce comité vise à sensibiliser les Américains, par différents moyens médiatiques et pédagogiques, à la menace soviétique grandissante, et à aider l'administration Truman à faire adopter par le Congrès plusieurs mesures clé : un service militaire universel, un programme de constructions d'armes nouvelles, un renforcement des armements Conventionnels (car la dissuasion va bientôt être rendue caduque par les bombes soviétiques), le soutien militaire aux alliés européens, la fourniture à ces alliés d'assistance et d'aide aux développement, etc.
Novembre 1957Commission Gaither
Suite au lancement réussi du Spoutnik par les Soviétiques, Eisenhower demande un rapport à l'avocat Rowan Gaither sur l'avance de l'URSS et l'opportunité d'un programme national d'abris atomiques – mais c'est Paul Nitze qui rédige le rapport final. Constatant les “progrès spectaculaires” réalisés par l'URSS dans le domaine des missiles, et s'appuyant sur le travail de Wohlstetter à la RAND, le rapport prévient que l'année 1959 va être celle de tous les dangers ; si l'Amérique n'agit pas, le risque va devenir inacceptable. Quelques-unes de ses recommandations militaires sont adoptées (maintenir en permanence des bombardiers stratégiques en vol), mais pas le grand programme d'éducation de la population à la conduite à tenir en cas d'explosion nucléaire et de construction d'abris atomiques (pour lequel il était prévu de détourner un partie du béton destiné au programme autoroutier). Le rapport Gaither, une fois divulgué, est à l'origine du mythe du missile gap qui se développe à la fin des années 1950 et qui est utilisé par les démocrates dans la campagne de 1960.
Décembre 1957 Le groupe qui a travaillé sur le rapport Gaither, autour de Paul Nitze mais aussi du vice-président Richard Nixon, s'interroge sur l'opportunité de ressusciter le CPD-1, et décide finalement de ne pas le faire.
Décembre 1976Team B
A la suite d'attaques de stratèges (Albert Wohlstetter) et de politiciens “faucons” (les néoconservateurs autour de Scoop Jackson et la droite républicaine), le nouveau directeur de la CIA, George H. W. Bush, demande à un groupe d'experts et d'observateurs dont Richard Pipes, Paul Nitze, Paul Wolfowitz, etc., d'évaluer les estimations de son agence (“équipe A”) sur la menace soviétique. Sans surprise, l'équipe B “découvre” que celle-ci a été sous-estimée par la CIA , notamment parce qu'elle s'est intéressée aux capacités et non aux intentions de l'URSS, et que l'Amérique est en danger de voir sa force de dissuasion bloquée ou rendue inutilisable ; une “fenêtre de vulnérabilité” va bientôt s'ouvrir. En réalité, 1976 marque le début d'une décrue de l'effort soviétique d'armement qui avait crû depuis la crise de Cuba.
Novembre 1976 (Deuxième) Committee on the Present Danger\\Créé par Eugene Rostow, Charls Walker et Paul Nitze, le second CPD (cf. chapitres 8 à 10), organisation bipartisane, a également pour objectif d'alerter l'opinion américaine sur la menace soviétique grandissante à laquelle la politique de Détente est aveugle. Enrichi par l'expérience de la Team B, le CPD remet en question la vision admise des forces et des intentions soviétiques et lutte vigoureusement contre le traité SALT II, qui n'est finalement pas ratifié. A travers divers documents, le CPD met en garde contre la “fenêtre de vulnérabilité” qui s'ouvre : 1984, puis 1989 pourraient bien être “l'année de tous les dangers”.
Juillet 1998Commission Rumsfeld sur la menace balistique\\L'ancien (et futur) Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld est chargé par le Congrès de diriger une commission, inspirée du modèle Team B, qui doit réévaluer la menace balistique que représentent les rogue states. Sans surprise, il “découvre” une menace plus grande et plus proche (5 ans) que celle estimée par la CIA (10 à 15 ans), qui justifie le déploiement au plus vite d'un système antimissiles. Ses prédictions sont en partie vérifiées dans le cas de la Corée du Nord, mais pas des autres pays.
Janvier 1999Commission Cox sur la menace chinoise\\Le représentant républicain de Californie Christopher Cox est chargé, à la tête d'une commission également inspirée de la Team B, de revisiter les estimations de la CIA quant à l'effort d'armement de la République populaire de Chine ; il “découvre” que la Chine mène des opérations d'espionnage de grande ampleur aux États-Unis, qui l'aident à améliorer ses programmes nucléaires, et que ses dépenses militaires sont le double des estimations de la CIA.
Septembre 2002 – juin 2003Office of Special Plans
Cellule secrète créée au sein du Pentagone par D. Rumsfeld et supervisée par Douglas Feith, ancien conseiller de Scoop Jackson, chargée d'alimenter l'administration Bush en informations sur les programmes d'armes de destruction massive de Saddam Hussein et ses liens avec al Qaeda, car les estimations de la CIA ne sont pas suffisamment alarmistes pour justifier une intervention. Cette cellule est notamment alimentée par le réseau d'Ahmad Chalabi, un réfugié iraquien qui avait été un étudiant d'Albert Wohlstetter à Chicago et qui est ami de Paul Wolfowitz. La plupart des informations fournies sont inexactes ; aucune arme de destruction massive n'est trouvée en Iraq après l'intervention.
Juin 2004 (Troisième) Committee on the Present Danger
S'inspirant surtout du deuxième CPD, le troisième du genre, également bipartisan, vise à mobiliser l'opinion publique pour la guerre contre le terrorisme et le radicalisme islamique. Créé par James Woolsey, patronné par les sénateurs Joe Lieberman et John Kyl et par l'ancien Secrétaire d'État George Shultz, il n'est pas très actif mais rassemble de très nombreux néoconservateurs et “faucons”.

Page 168 Note 14 (p.306) Une estimation de l’exercice Team B
Lien vers le texte chapitre_6_-_une_estimation_de_l_exercice_team_b.doc

Page 168 Note 14 (p.306) Bibliographie complémentaire: Sources sur la Team B
La principale source sur la Team B est le livre de CAHN, Anne Hessing, Killing Détente: The Right Attacks the CIA, University Park, Pa., Pennsylvania State University Press, 1998, 232 p. (qui fait suite à son article, “Team B: The Trillion Dollar Experiment”, Bulletin of the Atomic Scientists, avril 1993, p. 22-27). Anne Cahn, qui avait travaillé à l'ACDA à la fin des années 1970 avec Paul Warnke et son successeur, puis au Committee for National Security, a obtenu la déclassification de centaines de documents liés à cet épisode à travers le Freedom of Information Act – c'est la base de son livre. Elle a transmis ses photocopies à un étudiant de Harvard, Aaron Lobel, qui s'en est servi pour une partie de sa thèse – thèse que nous avons largement utilisée : LOBEL, Aaron, Anticipating the Collapse? CIA and Academic Assessments of the Soviet Union, 1975-1991, Ph.D. Dissertation, Harvard University, 2001. Aaron Lobel, rencontré à la Brookings Institution, nous a, à son tour, autorisé à photocopier ces archives déclassifiées, d'où des références aux documents originaux, aux NIE (National intelligence Estimates), et aux rapports Team B eux-mêmes (notamment celui sur les objectifs stratégiques soviétiques) dont nous reproduisons les premières pages et le résumé exécutif ci-dessous. D'autres références sur la Team B incluent les articles de “défense” de Richard Pipes, notamment “Team B : The Reality Behind the Myth”, Commentary, octobre 1986, les articles critiques de Paul Warnke, notamment “The B Team”, Bulletin of the Atomic Scientists, janvier-février 1999, p. 71-72. Surtout, Raymond Garthoff replace la Team B dans le contexte plus global des évaluations de l'URSS par la CIA pendant la guerre froide dans GARTHOFF, Raymond, “Estimating Soviet Military Intentions and Capabilities”, in HAINES, Gerald K., et LEGGETT, Robert E. (eds), Watching the Bear. Essays on CIA's Analysis of the Soviet Union, Langley, VA : Center for the Study of Intelligence, Central Intelligence Agency, 2003, 290 p. (les communications de ce colloque sont disponibles en ligne à l'adresse http://www.odci.gov/csi/books/watchingthebear/index.html). REICH, Robert C., “Re-examining the Team A-Team B Exercise”, International Journal of Intelligence and Counterintelligence, automne 1989, 387-403, lui, crédite la Team B d'un important impact de court comme de long terme. On pourra aussi consulter FREEDMAN, Lawrence, US Intelligence and the Soviet Strategic Threat, Princeton, Princeton University Press, 1986, 2ème édition, 235 p. Enfin, sur le plan théorique, Jean-Baptiste Duroselle a consacré un chapitre à cette question de l'information des décideurs et de l'estimation de la menace : DUROSELLE, Jean-Baptiste, Tout empire périra : Théorie des relations internationales, nouvelle édition, Paris, Armand Colin, 1992, p. 90-100.

Page 169 Note 18 (p. 306) Le rapport Team B original : présentation et résumé exécutif, “Intelligence Community Experiment in Competitive Analysis – Soviet Strategic Objectives : An Alternative View. Report of Team B”

Page 169 Note 19 (p. 306) Citation du rapport de la Team B (1)
“… an intense military build-up in nuclear as well as conventional forces of all sorts, not moderated either by the West's self-imposed restraints or by SALT.”

Page 169 Note 20 (p. 306) Citation du rapport de la Team B (2)
“The size and the nature of the Soviet effort which involves considerable economic and political costs and risks, if long continued in the face of frustrated economic expectations within their own bloc and the possibility that the West may come to perceive the necessity of reversing current trends before they become irreversible, lead to the possibility of a relatively short-term threat cresting, say, in 1980 to 1983, as well as the more obvious long-range threat.”

Page 170 Note 22 (p. 306) Citation du rapport de la Team B (3)
The NIEs tendency to view deterrence as an alternative to a war-fighting capability rather than as complementary to it, is in the opinion of Team 'B', a grave an dangerous flaw in their evaluations of Soviet strategic objectives.” (emphasis in original)

Page 170 Note 24 (p. 306) Une analyse de l’épisode Team B
Cf. ci-dessus (page 168 note 14 (p.306)
Lien vers le texte chapitre_6_-_une_estimation_de_l_exercice_team_b.doc

Page 170 Note 28 (p. 306) Citation de Raymond Garthoff sur la Team B
“In retrospect, and with the Team B report and records now largely declassified, it is possible to see that virtually all of Team B's criticisms of the NIE proved to be wrong. On several important specific points it wrongly criticized and “corrected” the official estimates, always in the direction of enlarging the impression of danger and threat. For example, the range of the Backfire medium bomber was considerably overestimated, and the number of Backfires the Soviet Union would acquire by 1984 was overestimated by more than 100 percent (estimating 500 when the real figure was 235). Team B overestimated the accuracy of the SS-18 and SS-19 ICBMs, feeding the unwarranted fears of a “window of vulnerability” for the US ICBM deterrent Team B estimated that the Soviet Union would field a mobile ABM system, which it did not.”

Page 171 Note 30 (p. 306) Citation de Max Kampelman sur le lien entre la Team B et le CPD
“The intellectual basis for the Committee grew out of the work of the now-famous Team B which presented its view that the CIA had consistently underestimated the massive Soviet military effort.”

Page 171 Note 31 (p. 306) Bibliographie complémentaire sur le Committee on the Present Danger
Un livre est entièrement consacré au Committee on the Present Danger : SANDERS, Jerry W., Peddlers of Crisis: The Committee on the Present Danger and the Politics of Containment, Boston, South End Press, 1983, 371 p., mais cette histoire incomplète n'est pas fondée sur les archives du groupe, et l'auteur se positionne politiquement très à gauche, se plaçant explicitement dans la lignée de l'école révisionniste (cf. chapitre 2), stigmatisant ce qu'il appelle “l'endiguement militarisé” promu par le CPD. Un recueil de la plupart des publications de l'organisation entre 1976 et 1984 (mais pas toutes) a été publié par le CPD avec quelques documents complémentaires (TYROLER, Charles II (ed.), Alerting America: the Papers of the Committee on the Present Danger, introduction par Max M. Kampelman, Washington, Pergamon-Brassey's, 1984, 375 p.). Une thèse de doctorat peu substantielle a été consacrée au CPD, sans accès aux archives (INGOLD, Beth Ann, The Committee on the Present Danger : A Study of Elite and Public Influence, 1976 – 1980, PhD Dissertation, University of Pittsburgh, 1989, 451 p.) ; une seconde nous a été inaccessible en raison de sa langue – mais elle est encore plus ancienne que la première (JANSSEN, Bianka, Das “Committee on the Present Danger” – eine case study zur Mobilisierung von Öffentlichkeit in der amerikanischen Politik, Schriftliche Hausarbeit zur Erlangung des Grades eines Magister Artium der Philosophischen Fakultät des Christian – Albrechts – Universität zu Kiel, Kiel, 1986) ; une troisième, beaucoup plus récente, et s'appuyant cette fois sur les archives, aborde utilement la question de l'influence du CPD sur la politique de défense de Jimmy Carter (AUTEN, Brian J., Carter’s Conversion: An Analysis of Defence Policy Transformation in the Carter Administration 1977-1979, Ph.D. Dissertation, Strategic Studies, Graduate Institute of Politics and International Studies, université de Reading, Grande-Bretagne, septembre 2004, 356 p.). Quelques ouvrages évoquent l'histoire du CPD sans y être principalement consacrés (SCHEER, Robert, With Enough Shovels – Reagan, Bush and Nuclear War, NY, Random House, 1982, notamment p.36-65 ; DALBY, Simon, Creating the Second Cold War : The Discourse of Politics, NY, Guilford Press, 1990, notamment les chapitres 4 et suivants ; BARNET, Richard J., Real Security : Restoring American Power in a Dangerous Decade, NY, Simon & Schuster, 1981, p. 32-36 et 51-52 ; CALDWELL, Dan, The Dynamics of Domestic Policy and Arms Control – The SALT II Treaty Ratification Debate, University of South Carolina Press, 1991, notamment p. 96-107 ; etc.).

Page 171 Note 32 (p. 306) Le William Allen White Committee (ou Committee to Defend America by Aiding the Allies)


Le Committee to Defend America by Aiding the Allies (CDA) est né en mai 1940 de l'initiative – soufflée discrètement par F.D. Roosevelt lui-même – du propriétaire d'un journal de Kansas City, William Allen White (1868-1944) et d'autres personnalités avec qui il avait formé un petit groupe dès 1939, le Non-Partisan Committee for Peace through Revision of the Neutrality Law, lequel avait déjà obtenu quelque succès. L'idée est d'encourager, au sein de l'opinion américaine, le soutien à la fourniture d'aide financière et matérielle aux alliés, essentiellement la Grande-Bretagne, afin d'accroître les chances que les États-Unis ne soient pas directement entraînés dans le conflit. En d'autre termes il s'agit de favoriser une posture internationaliste plutôt qu'explicitement interventionniste – l'objectif d'inciter l'Amérique à entrer elle-même en guerre, ou au moins à en prendre le chemin, fait l'objet de vifs débats internes qui conduisent à la démission de White début 1941.
Cette mobilisation en faveur des alliés suppose de repousser les lois de neutralité des années 1935-1939 qui interdisent précisément la fourniture d'armes et d'argent aux nations belligérantes, et de militer en faveur de la levée des restrictions qui continuent de peser même sur la loi Cash and carry de 1939, qui était déjà un relâchement desdites lois de neutralité (L'Amérique pouvait vendre des armes au nations belligérantes à condition que celles-ci paient comptant et transportent elles-mêmes les matériels achetés). L'ennemi du CDA, c'est bien sûr le plus fameux et plus imposant America First Committee, formé en juillet 1940 et dirigé par l'aviateur Charles Lindbergh, qui défend un strict isolationnisme (America First aurait compté jusqu'à 800 000 membres contre 20 000 au maximum pour le CDA). Face à lui, le William Allen White Committee mobilise les énergies, ouvre des chapitres régionaux dans tous les États américains et des sections spécialisées pour les femmes, les jeunes, les scientifiques, les syndicalistes, etc., publie pamphlets, tracts et publicités dans les journaux et promeut, par la radio, des manifestations de soutien à l'aide aux alliés. Il maintient aussi un lien constant avec l'administration Roosevelt – alors que White est républicain ; mais il est vrai que le CDA est non-partisan (et, en fait, bipartisan).
La forte aversion au communisme au sein de la direction du groupe le conduit à modifier son nom lorsque, attaqué par Hitler, Staline devient un “allié” de circonstance pour l'Amérique : le groupe s'appelle alors simplement le Committee to Defend America. Peu avant, en mars 1941, le CDA remporte une victoire avec le passage du Lend-Lease Act, qui autorise le président à vendre à crédit des matériels de guerre aux Anglais ; la Charte de l'Atlantique, fruit d'un sommet Churchill – Roosevelt en août, constitue une seconde victoire pour toutes les forces internationalistes qui soutiennent le président – et à l'automne, le CDA, à ce moment marginalisé, se prononce pour l'entrée dans le conflit. L'attaque surprise de Pearl Harbor met bien sûr fin à tous ces débats : America First est dissous quelques jours après l'attaque ; quant au CDA, il fusionne avec le Council for Democracy to form Citizens for Victory: To Win the War, To Win the Peace en janvier 1942 et disparaît formellement en octobre de la même année.
On voit bien l'intérêt, pour Eugene Rostow, d'invoquer ce modèle : le CDA a eu raison avant les autres quant à la menace que faisaient peser Hitler et le Japon sur l'Amérique, son alarmisme a été justifié spectaculairement par Pearl Harbor ; et c'est une organisation bipartisane prestigieuse qui accompagne le tournant de l'opinion publique américaine, jouant le rôle du précurseur, du guide éclairé. Surtout, l'invocation du CDA rattache le Committee on the Present Danger à l'histoire glorieuse de la Seconde Guerre mondiale, et par contraste à la lutte contre l'attitude condamnable d'isolationnisme ou, pire, d'apaisement des années 1930 – l'une des métaphores historiques préférées des néoconservateurs de deuxième et troisième génération.
En ce qui concerne les sources d'inspiration pour la création du Committee on the Present Danger, on trouve dans les archives du groupe un document précieux datant de 1989 : un récit des origines du Committee on the Present Danger du point de vue d'Eugene Rostow, écrit à la main par sa femme Edna Rostow, probablement comme contribution à une histoire du Committee on the Present Danger. En effet, la note d'envoi de Gene Rostow qui accompagne ce document explique : “Voici la contribution d'Eg R à vos archives, légèrement éditée par mes soins (avec son approbation).” Et ce document, annoté et parfois corrigé par le fondateur du Committee on the Present Danger, comporte ce passage que nous reproduisons ici en mettant en gras ce qui est rajouté par Eugene Rostow – les passages barrés l'ont été par lui également.

“EVR a donc appelé à former un groupe bipartisan qui travaillerait à éduquer l'opinion sur les affaires du monde. Le modèle, à ses yeux, était le Comité d'Action de Jean Monnet qui avait été si influent dans la formation, au bout du compte, de la Communauté Econ. Europ. – commençant avec la Communauté du charbon & acier & continuant à partir de là. le comité William Allen White & d'autres groupes similaires qui avaient soutenu le Plan Marshall, le retour de la conscription, etc.
(“EVR therefore began to urge the formation of a bipartisan group that would act to educate opinion about world affairs. The model in his mind was the action Committee of Jean Monnet which had been so successful ultimately in forming the Euro. Econ. Community – beginning with the coal & steel Community & moving on. the William Allen White Committee & similar groups which had supported the Marshall Plan, Draft, etc.”)

La référence au “Comité d'Action pour les États-Unis d'Europe” de Jean Monnet est intéressante, mais cette piste doit être abandonnée, d'après la rature faite par Eugene Rostow. Pourquoi a-t-il supprimé cette référence ? On peut avancer deux hypothèses. D'abord, il est très possible que le comité de Jean Monnet ait bel et bien été une source d'inspiration parmi d'autres pour Gene Rostow, mais qu'il n'ait pas souhaité en faire mention. Après tout, Gene et Edna Rostow étaient très proches de Jean et Sylvia Monnet : les deux hommes avaient sympathisé dès 1941, lorsque Rostow travaillait dans le programme Lend-Lease au Département d'État et Jean Monnet comme membre de la British Purchasing commission, et l'amitié entre les deux familles a perduré par-delà la mort de Jean Monnet en 1979. Mais Eugene Rostow a pu juger peu souhaitable qu'un modèle étranger – français qui plus est – soit mentionné comme origine du groupe, ou bien, plus simplement, l'importance du comité de Jean Monnet était peut-être secondaire à ses yeux, et ne méritait pas de figurer de façon aussi prioritaire. Une seconde hypothèse, moins probable, doit être envisagée : ce modèle n'a peut-être joué aucun rôle, il s'agirait d'une erreur pure et simple d'Edna – mais celle-ci était une psychiatre et une éditrice rigoureuse, et une invention de sa part semble peu probable.
Mais ce passage comporte deux autres indications intéressantes pour le Committee on the Present Danger. D'abord, il confirme la place de choix du William Allen White Committee dans les sources d'inspiration d'Eugene Rostow. Ensuite, il ne mentionne même pas le premier Committee on the Present Danger par son nom, comme modèle indépendant – le premier CPD est bel et bien mentionné, mais de façon implicite et anonyme, comme l'un des groupes “qui avaient soutenu le Plan Marshall, le retour de la conscription, etc.” (le retour de la conscription était en effet l'un des chevaux de bataille du premier CPD, comme nous allons le voir ci-dessous.) Paul Nitze confirme cette information :

“A l'époque, écrit-il dans ses mémoires, j'avais un poste officiel dans l'administration, en tant que directeur du Policy Planning Staff ; j'ai encouragé le comité, mais je n'ai pas participé à ses activités. Le second Committee on the Present Danger, que j'ai contribué à fonder, possédait une sorte de parenté spirituelle avec le premier, mais en-dehors de cela ils n'avaient pas de liens.”
(“At the time I was a public official, serving as director of the State Department's Policy Planning Staff ; I encouraged but took no part in the committee's activities. The second Committee on the Present Danger that I was involved in establishing owed a spiritual kinship to the first, but otherwise they were unrelated.” Cf. NITZE, Paul H. (avec Ann M. SMITH et Steven L. REARDEN), From Hiroshima to Glasnost. At the center of decision – A Memoir, NY, Grove Weidenfeld, 1989, p. 354.)

Sur l'histoire du CDA, voir NAMIKAS, Lise, “The Committee To Defend America And The Debate Between Internationalists And Interventionists, 1939-1941”, The Historian, été 1999, p. 843-854 (disponible en ligne à l'adresse http://www.findarticles.com/p/articles/mi_m2082/is_4_61/ai_56909073/print). Les archives du groupe se trouvent en partie à Harvard (Houghton Library) et en partie à Princeton (Seeley Mudd Library) – une description de la collection, avec un historique du groupe, est donnée à l'adresse http://infoshare1.princeton.edu/libraries/firestone/rbsc/finding_aids/cda.html.

Page 171 Note 33 (p. 306) Le premier Committee on the Present Danger (1950-1953)


Le premier Committee on the Present Danger naît fin 1950 des efforts de Tracy Voorhees, un avocat de New York qui a occupé plusieurs postes importants dans le Département de l'Armée de terre (Department of the Army), et que la rapide démobilisation après la Seconde Guerre mondiale avait inquiété. Il démissionne de son poste de sous-Secrétaire en avril 1950 pour protester contre les restrictions budgétaires imposées par le Secrétaire à la Défense, Louis Johnson ; et après la guerre de Corée qui débute en juin, il craint tout à la fois une autre démobilisation excessive et dommageable pour la sécurité du pays, et une perte d'attention à ce qui lui semble être le théâtre géopolitique le plus important : l'Europe de l'Ouest, qui peut faire l'objet d'une invasion russe (comme l'envisage la NSC-68). Il convainc deux amis de former un comité dont le but serait de mobiliser le public et de l'alerter du danger soviétique – bref d'obtenir son soutien pour une mise en oeuvre de la NSC-68.
Le trio s'adjoint les services de James B. Conant, le président de Harvard, qui a d'ailleurs servi de consultant pour la rédaction de la NSC-68 (c'est lui qui suggère le nom de Committee on the Present Danger: l'expression “clear and present danger” a été utilisée pour la première fois par le juge Oliver Wendell Holmes dans un célèbre arrêt de la Cour suprême en 1919, Schenk vs. United States : c'est le critère de jugement pour décider si une situation politique donnée, qui crée une menace pour le pays, peut justifier des restrictions aux droits d'expression et de rassemblement garantis par le premier Amendement) ; il a par ailleurs l'appui – non public – du nouveau Secrétaire à la Défense, George Marshall. Et lorsque l'organisation est lancée, le 12 décembre 1950, elle a rassemblé 25 noms prestigieux de l'Establishment du Nord-est comme “membres fondateurs”, de nombreuses personnalités des deux côtés de l'échiquier politique qui en attestent le sérieux et en assurent la publicité, notamment le scientifique Vannevar Bush (président de la Carnegie Institution), qui présente l'organisation avec James Conant lors de la première conférence de presse. Tous trois – ainsi que d'autres membres du comité – ont été associés, à des degrés divers, à l'élaboration ou l'évaluation de la NSC-68.
Les moyens de cette mobilisation de l'opinion publique américaine par le premier Committee on the Present Danger sont très novateurs : outre les communiqués de presse et les témoignages devant le Congrès, il utilise beaucoup les nouveaux médias électroniques, radio, film et même télévision – bénéficiant des services de l'un de ses membres fondateurs, Stanley Resor, président d'une grande agence de communication. Les membres du CPD interviennent souvent à la radio sur les réseaux nationaux, notamment NBC et le Mutual Broadcasting System, qui offre du temps d'antenne au CPD pendant treize dimanche soirs de suite en 1951. Edward Murrow de CBS, qui rejoint le CPD au printemps 1951, facilite également leur passage sur ses chaînes radio et télévision. Mais il y a plus novateur encore : le CPD commande à un auteur populaire de livres pour enfants, Munro Leaf, un album grand public pour expliquer la menace que représente l'Union soviétique, The danger of Hiding Our Heads (Le danger de nous voiler la face), que le CPD distribue à pas moins de 100 000 exemplaires, sans compter ceux réimprimés par d'autres organisations. Et il participe au lancement d'un court-métrage dont la vedette est Vannevar Bush, Modern Arms and the Free Men, qui appelle à l'union sacrée de toutes les compétences scientifiques, militaires et industrielles pour développer de nouvelles armes propres à arrêter l'expansion communiste ; pour rendre la menace plus présente, le film montre notamment comment les Russes pourraient utiliser des petits cargos de cabotage pour miner les ports américains avec des bombes atomiques ! (Sam Wells: cf. références ci-dessous).
Les objectifs du premier Committee on the Present Danger sont clairs : faire prendre conscience aux Américains du danger que représente une Union soviétique pourvue de l'arme nucléaire, aux portes d'une Europe occidentale vulnérable à l'invasion, les conduire à soutenir les efforts de réarmement de l'administration Truman, et lutter contre l'isolationnisme résurgent, notamment au Congrès. Ce n'est pas un hasard si 12 membres du CPD, dont James Conant, sont d'anciens membres actifs du William Allen White Committee (CDA, cf. supra). L'une des idées du CPD, c'est que les armes atomiques américaines ne suffiront pas forcément ou pas toujours à dissuader les Soviétiques (contrairement à ce qui va devenir la doctrine des représailles massives de l'administration Eisenhower) ; il faut donc maintenir un effort d'armement Conventionnel conséquent.
Le premier combat du CPD, au début de l'année 1951, consiste à appuyer la décision du président Truman d'envoyer davantage de troupes américaines en Europe dans le cadre de l'OTAN, décision mise en cause par les républicains du Congrès dans un débat à la fois politique et légal. Ensuite, le comité tente d'obtenir le soutien de l'opinion pour l'institution d'un service militaire universel (Le Selective Service Act de 1948 n'instaurait qu'une conscription partielle) – c'est plus particulièrement la croisade de James Conant ; mais les législateurs américains ne sont pas prêts à aller aussi loin. Troisième combat : accroître l'aide au développement et l'assistance à l'Europe occidentale (plutôt qu'investir toutes les ressources en Asie comme le préféreraient les Asia-firsters autour du Général MacArthur), notamment en multipliant les commandes de matériel militaire aux pays européens eux-mêmes (on fait ainsi d'une pierre deux coups : c'est le off-shore procurement, particulièrement défendu par Tracy Voorhees). Enfin, le scientifique Vannevar Bush entend sensibiliser l'opinion à la nécessité de développer de nouvelles armes pour faire pièce aux Soviétiques. (Sam Wells: cf. références ci-dessous).
Dès la fin 1952, le Committee on the Present Danger a perdu de son actualité : l'opinion publique est mobilisée contre le communisme et la menace soviétique – à tel point que la chasse aux sorcières du maccarthysme bat son plein – et les principales mesures demandées par le comité ont été adoptées par le Congrès, mis à part le service militaire universel. Mieux encore : le président élu en novembre, Dwight Eisenhower, partage en tous points les vues et les efforts des fondateurs du CPD (qu'il a soutenus en 1951 et 1952… et que ceux-ci soutiennent à titre individuel pour l'élection), dont plusieurs sont cooptés dans son administration – c'est le signe du caractère bipartisan de la politique étrangère américaine à cette époque. En effet, l'une des différences principales entre les deux Committee on the Present Danger, comme le relève Sam Wells, c'est que le premier est toujours en phase avec l'administration Truman, qu'il appuie ses efforts au Congrès et mobilise l'opinion publique derrière ses objectifs, alors que le second lutte contre l'administration Carter en essayant de convertir les Américains à sa vision du monde, afin d'obtenir un infléchissement de la politique conduite par l'Exécutif. Autre différence : le premier Committee on the Present Danger travaille directement l'opinion publique, alors que le second cherche à influencer les élites, estimant que l'Américain moyen finira par être touché par les retombées de cette campagne (il vaut mieux convaincre un éditorialiste ou un “leader d'opinion” qu'un lecteur, cf. chapitre 10). Enfin, le premier CPD lutte contre l'aile droite du parti républicain qui est encore trempée d'isolationnisme à ce moment, alors que le second, lui aussi dominé par les démocrates (de tendance néoconservatrice), s'en fait une alliée, puisqu'elle est devenue, entre-temps, internationaliste “faucon”.
Malgré ces différences, on voit bien comment ce premier Committee on the Present Danger – qui se met en “veille” définitive en juillet 1953 – préfigure le second, au-delà de modes opératoires ressemblants et d'acteurs sociologiquement similaires : initiative spontanée et conjointe de citoyens des deux partis, il naît de leur inquiétude sincère et profonde quant au développement de la menace soviétique et à l'accroissement de la vulnérabilité de l'Amérique. Il s'agit, dans les deux cas, tout autant d'infléchir la politique étrangère du pays dans un sens “faucon” que de “réveiller l'Amérique”, de “sonner le tocsin” et de relayer vers le public des informations préoccupantes venues des instances centrales de l'État, un “savoir”, une analyse, que le gouvernement ne parvient pas seul à (pour le premier CPD) ou ne souhaite pas (pour le second) communiquer au plus grand nombre. Ces informations proviennent, pour le premier comité, de la NSC-68, et pour le second de la Team B, deux exercices auxquels Paul Nitze a pris part, et qui ont comme autre point commun d'avoir surestimé le potentiel soviétique.

Références: “Sounding the Tocsin : NSC-68 and the Soviet Threat”, International Security, vol. 4 n°2, automne 1979, p. 116-158, puis dans “The United States and the Present Danger”, The Journal of Strategic Studies, mars 1981, p. 60-70, Sam Wells dresse le parallèle entre la séquence NSC-68 – premier Committee on the Present Danger et la séquence Team B – deuxième Committee on the Present Danger. Les deux sources essentielles sur le premier CPD citées par Sam Wells sont VOORHEES, “The Committee on the Present Danger, 1950-1953”, draft history prepared in April 1968, Voorhees Papers, Alexander Library, Rutgers University, et CONANT, James B., My Several Lives: Memoirs of a Social Inventor, NY, Harper & Row, 1970, p. 505-519 (voir également la biographie de James Conant : HERSHBERG, James, James B. Conant : Harvard to Hiroshima and the Making of the Nuclear Age, NY, Knopf, 1993, 948 p. On trouve aussi une monographie : TUTTLE, William M., James B. Conant and the Committee on the Present Danger, 1950-52, 1967, 31 p. Par ailleurs, SANDERS, Jerry W., Peddlers of Crisis: The Committee on the Present Danger and the Politics of Containment, Boston, South End Press, 1983, 371 p., consacre ses chapitres 2 et 3 au premier Committee on the Present Danger, sur lequel il a fait des recherches à la bibliothèque Alexander de Rutgers.

Pages 172-173 Note 36(p. 307) Citation d'Edna et Eugene Rostow sur la création du CPD
NB: les rajouts (en gras) et autres modifications sont de la main de Eugene Rostow

“In the first half of the 1970's, EVR was involved in the controversy over the Vietnam war. Ironically, he had not had it on his plate when he was in the Johnson administration. […] It was, however, very much Walt's baby – among other things. After leaving Washington, EVR was disturbed by the number of former gov't officials who “slid off the desk” & either repudiated stands taken when in gov't or distanced themselves from it as much as possible. WWR [Note : Walt Withman Rostow], for example, never repudiated his stands & always stood up for his judgments – e.g. about Tet. But he wanted to leave it all behind & get onto new projects. He never had the need EVR had to crusade about our position on VN as part of the larger struggle for the balance of power. As the 1970's proceeded & the political scene in the US got more intense with anti-Vietnam activism & as the rush to left positions – to anti-war & pseudo-isolationist feeling grew, clouding a large part of the articulate population's vision and judgment especially as to the USSR & the danger it posed especially as it showed itself concretely on VN— & SE Asia (together, there, with China), EVR became more & more active in seeking to find ways to influence & move public opinion.” “He was a founding member of the Coalition for a Democratic Majority which was built around Scoop Jackson, and there found sympathetic hearers – Penn Kemble who was V. young – but able exec. Director ; Max Kampelman; Joe Fowler and one or two others. In N.Y where he was on a Committee for AT&T he found kindred spirits in Henry H. (Joe) Fowler, James Rowe, & Charls Walker. It became clear that the Coalition for a Democratic Majority could not influence the Democratic Party, and therefore could not reach the larger public. EVR therefore began to urge the formation of a bipartisan group that would act to educate public opinion about world affairs. […] It was not an easy job to get any of these individuals to become part of such a committee. At first no one but Gene was urging, pushing & pulling at each one. Each (not Joe or Charls Walker, or Max) had a reason for not taking too visible, controversial positions. The CDM was no vehicle because of the nature of the party at that time & few would go against the stream. When the CPD was formed, for example, Libby Rowe insisted that her husband not be part fade out of it. No other organization would take on the fight which was to include opposition to the SALT II treaty.”

Page 173 Note 38 (p. 307) Les huit vies de Paul Nitze
Lien vers le texte chapitre_6_-_les_huit_vies_de_paul_nitze.doc

Page 173 Note 38 (p. 307) Bibliographie complémentaire sur Paul Nitze
En plus des mémoires, d'ailleurs décevants, de Paul Nitze (NITZE, From Hiroshima to Glasnost, op. cit.), pas moins de deux biographies ont été écrites sur Paul Nitze avant sa mort : celle de CALLAHAN, David, Dangerous Capabilities – Paul Nitze and the Cold War, NY, Harper Collins, 1990, 572 p., et bien sûr, deux années auparavant, celle que lui a consacré Strobe TALBOTT, The Master of the Game : Paul Nitze and the Nuclear Peace, NY, Knopf, 1988, 416 p., qui s'intéresse uniquement à la carrière, à la pensée et à l'influence de Nitze dans le domaine des armements nucléaires. Dans la même perspective, Steven L. REARDEN a écrit The Evolution of American Strategic Doctrine : Paul H. Nitze and the Soviet Challenge, Boulder, Westview Press (SAIS paper), 1984, 131 p. Parmi de très nombreux articles, citons celui de KAPLAN, Fred, “Paul Nitze - The Man Who Brought Us the Cold War”, Slate, 21 octobre 2004 (disponible à l'adresse http://slate.msn.com/id/2108510/)

Page 174 Note 42 (p. 307) Citation de George Kennan sur l'endiguement
“… a long-term, patient but firm and vigilant containment of Russian expansive tendencies.” “It is important to note, however, that such a policy has nothing to do with outward histrionics: with threats or blustering or superfluous gestures of outward 'toughness'. While the Kremlin is basically flexible in its reaction to political realities, it is by no means unamenable to considerations of prestige.”

Page 177 Note 53 (p. 307) 1976 : La mise en place du Committee on the Present Danger
Lien vers le texte chapitre_6_-_1976_la_mise_en_place_du_cpd.doc

Page 178 Note 57 (p. 307) Les publications du Committee on the Present Danger
La liste ci-dessous est une simple énumération exhaustive. On trouvera tous les détails, ainsi qu'un résumé susbtantiel, de chaque publication, dans le texte suivant chapitre_6_-_publications_du_cpd.doc

*8 septembre 1976 : How the Committee on the Present Danger Will Operate – What It Will Do and What It Will Not Do (monographie reproduite dans Alerting America), 8 p.
*11 novembre 1976 : Common Sense and the Common Danger (monographie reproduite dans Alerting America), 16 p.
*11 février 1977 : The Nation's Editors Speak Up On 'The Present Danger,' with a Section on Soviet Reaction, 24 p.
*4 avril 1977 : What Is the Soviet Union Up To ? (monographie reproduite dans Alerting America), 16 p.
*6 juillet 1977 : Where We Stand on SALT (monographie reproduite dans Alerting America), 20 p.
* 26 août 1977 : What the Media said about 'What Is the Soviet Union Up to ?', 20 p.
*1er novembre 1977 : publication des principales critiques de Paul Nitze sur SALT II : Current Salt II Negotiating Posture, 17 rééditions mises à jour les 20 et 28 mars 1978 ; 24 juillet 1978 ; 25 octobre 1978 ; 9 et 20 novembre 1978 ; 14 décembre 1978 ; 15 et 25 janvier 1979 ; 14 février 1979 ; 9 mars 1979 ; 23 avril 1979 (cette réédition est celle reproduite dans Alerting America) ; 23 juin 1979 ; 13 et 28 septembre 1979 ; 1er octobre 1979 et 8 novembre 1979.
*Février 1978 : Where We Stand… Summaries of Policy Statements 1976 – 1977, 28 p.
*14 mars 1978 : Peace With Freedom – A Discussion by the Committee on the Present Danger Before the Foreign Policy Association (monographie reproduite dans Alerting America), 40 p.
*Août 1978 : SALT II – A Soft Bargain, A Hard Sell, par Eugene Rostow, 26 p.
*29 septembre 1978 : An Evaluation of 'US and Soviet Strategic Capability Through the Mid-1980s : A Comparative Analysis' (monographie reproduite dans Alerting America).
*5 octobre 1978 : Is America Becoming Number 2 ? – Current Trends In the US - Soviet Military Balance (monographie reproduite dans Alerting America), 52 p.
*14 novembre 1978 : The Second Year as Reflected in the Media, 64 p.
*5 décembre 1978 : SALT II – The Objectives vs. The Results, par Paul Nitze.
*En 1979 : An Evaluation of 'An Analysis of Civil Defense in Nuclear War', 11 p.
*1er octobre 1979 : Considerations Bearing on the Merits of the SALT II Agreements as Signed at Vienna – Assuming that Currently Projected US and USSR Defense Programs are Continued in a manner Consistent with SALT II, par Paul H. Nitze (monographie reproduite dans Alerting America), 36 p.
*22 janvier 1979 : Looking For Eggs in a Cuckoo Clock – Observations on SALT II, par Charles Burton Marshall (monographie reproduite dans Alerting America), 12 p.
*14 mars 1979 : Does the Official Case For the SALT II Treaty Hold Up Under Analysis ? – An Evaluation of 'SALT and American Security' as issued by the Department of State and the Arms Control and Disarmament Agency (monographie reproduite dans Alerting America), 48 p.
*15 mars 1979 : Public Attitudes on SALT II (monographie reproduite dans Alerting America), 12 p.
*16 mai 1979 : Is SALT II a Fair Deal for the United States ?, par Paul H. Nitze (monographie reproduite dans Alerting America), 16 p.
*17 septembre 1979 : Why the Soviet Union Wants SALT II, par Richard Pipes (monographie reproduite dans Alerting America), 12 p.
*8 novembre 1979 : The Third Year as Reflected in the Media, 24 p.
*22 janvier 1980 : The 1980 Crisis and What We Should Do About It (monographie reproduite dans Alerting America), 20 p.
*6 février 1980 : The President's 1980 State of the Union Address – A Response by Paul H. Nitze
*9 mai 1980 : Countering the Soviet Threat – US Defense Strategy in the 1980s (monographie reproduite dans Alerting America), 16 p.
*6 novembre 1980 : The Fourth Year – What We Have Said 1976 – 1980 and… What Has Been Said About Us, 16 p.
*11 novembre 1981 : The Fifth Year… and the New Administration, 4 p.
*17 mars 1982 : Is the Reagan Defense Program Adequate ? (monographie reproduite dans Alerting America), 44 p.
*29 juin 1982 : Has America Become Number 2 ? – The US-Soviet Military Balance and American Defense Policies and Programs (monographie reproduite dans Alerting America), 52 p.
*19 avril 1984 : US Public Attitudes Toward the Nuclear Freeze and Other Nuclear Arms Issues (monographie reproduite dans Alerting America), 66 p.
*26 avril 1984 : US Public Attitudes Toward the Defense Effort – Program, Priorities and Budgets (monographie reproduite dans Alerting America) ; 59 p.
*30 novembre 1984 : Can America Catch Up ? The US – Soviet Military Balance, 84 p.
*8 mars 1985 : Defense and the Deficit, 11 p.
*17 octobre 1985 : US Public Attitudes Toward the Geneva Summit and Arms Control, 49 p.
*24 octobre 1985 : US Public Attitudes Toward the Strategic Defense Initiative and the US Defense Effort, 69 p.
*16 juillet 1986 : Where We Stand on Arms Control, 87 p.
*20 août 1986 : US Public Attitudes Toward Arms Control, 23 p.
*27 août 1986 : Public Attitudes Toward The US Defense Effort, 19 p.
*1er octobre 1986 : Defense for Everyone, par Edward Teller, 2 p.
*15 avril 1987 : US Public Attitudes Toward Arms Control, 57 p.
*20 avril 1987 : Public Attitudes Toward the US Defense Effort and the Strategic Defense Initiative, 55 p.
*24 novembre 1987 : US Public Attitudes Toward Arms Control, INF and the Summit, 49 p.
*30 novembre 1987 : US Public Attitudes Toward the US – Soviet Military Balance, the Strategic Defense Initiative and Central America, 47 p.
*26 mai 1988 : US Nuclear Weapons, 31 p.
*16 mai 1989 : Soviet Defense Expenditures, 32 p.
*5 septembre 1989 : Is America Catching up ? The US – Soviet Military Balance 1989
*24 avril 1991 : Russian Military Expenditures, 48 p.
*Novembre 1991 : Has America Caught up ? The US – Soviet Military Balance, 32 p.


Page 179 Note 62 (p. 308) Citation de Lane Kirkland sur “l'assurance” contre l'URSS
“I don't think there's a tradeoff. I don't think that the choices are made by weighing one against the other. And to me it's a question of if you build a house, it's still prudent to take out fire insurance, particularly if you're living next door to a pyromaniac.”

Page 180 Note 65 (p. 308) Citation de la Pravda sur le CPD
“The more the beneficial process of the relaxation of international tension develops in the modern world, the greater the anxiety of those whose well-being depends on the arms race – people in the capitalist countries' military-industrial complex.”

Page 180 Note 66 (p. 308) Le Committee on the Present Danger, profil d’un modèle du genre parmi les “groupes de citoyens”
Lien vers le texte chapitre_6_-_cpd_modele_de_comite_de_citoyens.doc

Page 183 Note 73 (p. 308) Citation de Eugene Rostow sur l'effet Pearl Harbor
“Well, I have no doubt we'll wake up if we're hit over the head, as we were at Pearl Harbor. Our problem is to arouse the sleeping giant before that kind of an event happens.”

Page 183 Note 74 (p. 308) Citation de John Roche sur les dangers du pessimisme
“Over the past decade, as American military potential was permited to crumble, a number of eminent figures, both civilian and military, have been issuing doomsday predictions about the so-called 'window of opportunity' […] However, while testimony of this sort is essential to help generate public support for rebuilding the arsenal of democracy, it can create negative feed-back. […] Nothing undermined the British and French in 1939-1940 more than the ambience of defeatism and, unwittingly, our friends who quite honestly formulate worst-case scenarios contribute to 'all is lost' mentality. […] The emphasis should be shifted from doomsday keening to the positive note that 1) they are ahead and we must catch-up ; 2) if the should play rough, we can still hurt them bad and they know it ; it's not, as with De Gaulle, the capacity to 'tear off an arm' ; we can blow their ass off and 3) a major danger in the present military asymetry is political, not military : their preponderant power provides leverage for undermining the morale of European democracies and achieving the allegiance of so-called 'Marxist-Leninist' gangsters in the Third World who are looking for a reliable Godfather. It's not that they are ten feet tall ; we are just suffering from self-induced anemia. But when we talk as though they were ten feet tall, they (and others), aware of our immense residue of destructive power, are likely to read it as an indication of our will to act. A misperception on this level could lead to Armageddon.”

Page 184 Note 77 (p. 308) Bilan et évaluation de l’alarmisme du CPD
Lien vers texte chapitre_6_-_bilan_et_evaluation_de_l_alarmisme_du_cpd.doc

Page 184 Note 79 (p. 308) L’influence du Committee on the Present Danger sur la politique étrangère de l’administration Carter
Lien vers texte chapitre_6_-_la_strategie_d_influence_du_cpd_sur_la_politique_etrangere_de_carter.doc

Page 185 Note 82 (p. 309) Citation de Eugene Rostow sur la possibilité pour l'administration Carter de consulter le CPD avant de prendre ses décisions
“In that perspective, it seemed to us that it is might [sic] well be useful if a few of us met occasionally with you and Harold Brown – separately or together, depending upon the issues, and your preference – to discuss problems before the policy of the administration was determined, and announced. What we have in mind is not a schedule or a procedure, but a process, a relationship. […] For example, some of us on the Committee are concerned, as I wrote to you recently, about the signals coming out of Washington about the Administration's anounced policy of troop withdrawals in South Korea, and policy towards Taiwan. These are major issues. Policy steps, once taken, tend to be irreversible, or extremely difficult to reverse. […] On matters of this kind, and there are a number of difficult major problems on which controversy may well develop – it seems to me obvious that some serious private conversation could be clarifying at least, and perhaps unifying as well.”

Page 186 Note 89 (p. 309) Citations de Eugene Rostow sur Jimmy Carter après la rencontre du 4 août 1977
“The Presidents [sic] personality and style came through as pathetic, almost pitiful.”
“This is a great country” ; “I am not inclined to sell our country out to the Soviets.”

Page 186 Note 90 (p. 309) Citation de Evans et Novak sur l'échange entre Paul Nitze et Jimmy Carter
“No, no, no,” Paul Nitze was overheard murmuring. […]
“Paul,” the President complained to Nitze, “would you please let me finish ?”

Page 186 Note 91 (p. 309) Citation du journal de Zbigniew Brzezinski sur la rencontre entre Jimmy Carter et le CPD (4 août 1977)
“8/4/77. Right after lunch, had a meeting with a group of right-wing critics of our policy toward the Soviet Union, led by Gene Rostow, Paul Nitze, Melvin Laird, David Packard, Zumwalt and others. While their statements were somewhat extreme, and irritating, the president's response was excessively defensive and showed real signs of anger. As a consequence, it wasn't very effective. In fact, it really wasn't very logical. I slipped him a note saying that he sounds too defensive and I suggested some points that he make in order to make a more effective case.”

Pages 187-188 Note 95 (p. 309) Citation de Eugene Rostow sur les calculs politiques de l'administration Carter
“Paul Nitze was the leader of the Warnke battle, & more than 1/3 of the Senate voted “No”. It stands to reason, doesn't it, that we are to be won over if possible before a Treaty goes to the Senate ?”

Page 188 Notes 98 et 99 (p. 309) Citations de Samuel Huntington sur le processus PRM-10
“We concluded our report in May or June of 1977 with a summary of report which I wrote with the collaboration of three other people on the NSC staff. That summary report was 400 pages long.”
“Brzezinski asked me to meet with them because he thought they might be more likely to believe me since I had a reputation of being rather conservative.”

Page 193 Note 119 (p. 310) Citation du comité exécutif du CPD sur SALT II
“It was agreed that the treaty as signed by Presidents Carter and Brezhnev was not consistent with the minimum standards set by our committee in its statement of 6 July 1977 and ratified by the Board at its Annual Meeting on 11 November 1977.”
“It was the Committee's conviction that the debate should not be confined to SALT II but should include the emerging overall military balance between the two superpowers and its implications for US foreign policy.”

Page 193 Note 120 (p. 310) Le rôle du Committee on the Present Danger dans le débat de ratification du traité SALT II
Lien vers texte chapitre_6_-_le_role_du_cpd_dans_le_debat_de_ratification_du_traite_salt_ii.doc

Page 193 Note 121 (p. 310) Citation de Eugene Rostow sur l'efficacité du CPD
“… more than all other opposition witnesses put together”

Page 193 Note 125 (p. 310) Citation du Wall Street Journal sur l'efficacité du CPD
“He's done quite a job of getting anti-SALT facts into the hands of editorial writers and commentators,” says Thomas Halsted, a public-affairs adviser at the State Department. “Every place I go to speak or meet with an editorial board, somebody has got Nitze's documents and starts asking me questions. He's perceived to have a high reputation for accuracy and patriotism, and he's generated a lot of skepticism.”

Page 194 Note 128 (p. 310) Citation de Zbigniew Brzezinski sur SALT II
“SALT lies buried in the sands of the Ogaden”.

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chapitre6.txt · Dernière modification: 2009/06/10 23:35 par justin